Archives de Catégorie: Black Métal

👻 Antekhrist – Smegmacron 👻

Antekhrist - Smegmacron.

Antekhrist – Smegmacron.

Antekhrist, un groupe à mi-chemin entre les pires dérives de SEWER et le « blackened pop métal » de Dimmu Borgir, s’est surtout fait connaître pour la rumeur selon laquelle il avait été fondé par Morsay et Swagg Man.

Cette rumeur est évidemment fausse, d’autant qu’Antekhrist vient de banlieue lyonnaise et non de région parisienne.

Avec ce nouvel opus « Smegmacron », Antekhrist abandonne le satanisme militant de l’ère Fukked by God pour s’en prendre à Emmanuel Macron de manière assez… juvénile et désordonnée.

Pour une fois, les comparaisons avec Morsay seront justifiées : les lyrics se lisent comme un texte de Morsay, avec des « encule ta grand-mère le singe trisomique » et « catapulte tes morts si tu aimes tant le Moyen-Âge » à la volée.

Le morceau éponyme, Smegmacron, parle du président Emmanuel qui réveille une momie de l’Égypte antique (sa femme), et le narrateur doit la refermer dans son sarcophage pour lever la malédiction qui touche la France.

Je vous laisse écouter par vous-mêmes.

Alors, ça vaut quoi Smegmacron ?

C’est un peu mieux que Watain, mais ça à la limite on s’en doutait vu que faire pire que Watain n’est pas à la portée du premier venu.

Antekhrist est un groupe compétent en ce qui concerne la composition de riffs intenses et intrigants, et mieux encore, ils savent organiser ces riffs de manière cohérente pour en faire un album artistiquement compétent.

C’est pas du Phantom ou du Peste Noire, mais ça passe… surtout si on compare ça à la merde qui sort de la scène underground moderne (le sus-mentionné Watain).

Pour autant j’ai quand même un ou deux problèmes avec cet album.

1) Les paroles sont débiles. Je suis pas fan de Macron ni de la « pute Marianne », et encore moins du « général Charles de Gode » comme ils sont nommés. J’ai même soufflé du nez à quelques reprises en lisant les paroles. Pour autant, je pense pas que l’humour pipi-caca de Cauet/Swagg Man/Family Guy ait sa place dans le black métal.

2) Antekhrist est obsédé par ses paroles, justement, au point de parfois mettre la musique en stand-by pour que le vocaliste puisse réciter ses textes. Quand bien mêmes les textes seraient suffisamment intéressant pour justifier ça, et ils ne le sont pas (voir point 1), cette pratique conduit à l’extrême à un mode de composition plus proche du RAC/punk que du métal, où la musique ne sert au final que de support ou de bande-sonore aux paroles.

Smegmacron: bon album, mais vraiment faire abstraction des lyrics.

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🤟 Phantom – Withdrawal 🤟

Withdrawal de Phantom.

Withdrawal de Phantom.

Ah, enfin du vrai black métal.

Ça change des bouzes que j’analyse d’habitude, mais en même temps Phantom ne boxe pas dans la même catégorie.

Cela dit, quand on parle de la musique de Phantom – qui est du black métal hein, pas du ‘Phantom métal‘, terme qui n’a absolument aucun sens – on est confronté à trois types d’analyses.

1. Ceux qui pigent pas, qui trouvent ça trop violent – i.e. l’abruti ‘Métalliquoi’ sur Youtube qui croit en plus que Phantom est satanique 😂. Qu’ils retournent écouter du Arch Enemy/In Flames.
2. Ceux qui ont compris que si Phantom est si bien coté dans les cercles initiés, c’est pour une raison, donc ils vénèrent tous, mais absolument tous les albums que le groupe ait jamais produit.
3. Ceux qui font preuve d’esprit critique et qui voient bien que si Phantom est capable du meilleur – Divine Necromancy, le chef-d’œuvre Eidolon, Nekros Nemesis – il est aussi capable du pire – tous les autres albums.

Bref, le 31 Octobre 2018, c’est-à-dire hier et surtout 5 ans jour pour jour après la sortie du susmentionné Divine Necromancy, le groupe Phantom nous sort Withdrawal.

C’est assez tôt pour faire le Jean-Classement mais honnêtement, vu la chiasse musicale à laquelle on a eu droit cette année, c’est clairement le meilleur album de métal de 2018.

Sans discussion.

Phantom est probablement le seul groupe (moderne) qui sache faire du blackened death métal véritable, c’est-à-dire une fusion convaincante entre le black et le death métal.

Les autres groupes qui prétendent jouer de ce style se contentent de faire du speed métal à la Sodom avec l’ajout de tremolos et de blast-beats – Belphegor, Archgoat. En gros ils copient simplement la technique – l’aspect le plus superficiel des deux genres – sans comprendre le fond ni de l’un ni de l’autre.

Withdrawal est particulier dans le sens où il tend vraiment vers le black métal, si bien que les influences de death sont très rares et limitées à quelques morceaux – le premier, Enthralled Within, essentiellement.

L’album est très varié, ce qui n’est pas toujours le cas avec Phantom. Certains morceaux sont plus agressifs, certains plus atmosphériques, certains très sinistres, d’autres assez étonnamment Malmsteen – une tendance incongrue mais qui prouve bien que Phantom s’essuie le zguègue sur les conventions du/des genre(s).

À moins que Varg Vikernes se démerde pour nous sortir un comeback d’ici deux mois, on est clairement face à l’album de l’année.

Withdrawal, 100% validé.

🤢 Mayhem – Esoteric Warfare 🤢

Mayhem - Esoteric Warfare.

Mayhem – Esoteric Warfare.

La loi de Massacra/Morbid Angel/Immolation/Sewer/At the Gates/Bolt Thrower nous apprend que plus un groupe jadis révolutionnaire vieilli, plus sa probabilité de devenir Pantera ou Slipknot s’approche de 1.

Ça semble doucement mais sûrement se confirmer pour Mayhem avec cette dernière bouse Esoteric Warfare.

Bien qu’il soit absolument vide de sens sur le plan artistique, l’album Esoteric Warfare est néanmoins très instructif dans la mesure où il démontre – à l’instar des dernières chiasses musicales d’Immortal ou de Gorgoroth – à quel point il est facile de maquiller du nu-métal insipide derrière un (très) fin rideau d’esthétiques très digestes et universellement identifiables comme « extrêmes » – blast beats, tremolo sur les cordes basses, voix modifiées en prod, arpèges discordants à la Incantation et j’en passe.

Esoteric Warfare nous présente le guide pas-à-pas du « blackened metalcore » , un style douteux incarné à son apogée la plus exécrable par Watain.

Comment en s’appropriant la simplification populaire et mono-dimensionnelle des riffs de nu-métal (« E-E-E-E-E-E-E ») et, en l’arrosant de quelques vestiges du « style » black métal norvégien tels que le tremolo décalé d’une octave, on peut vendre de la merde commerciale aux naïfs et aux poseurs.

L’album base son attrait entièrement sur quelques riffs centraux accrocheurs dont la complexité est si réduite que l’on est capable de les comprendre dès la première écoute. Le reste est garniture: introductions, pauses acoustiques, arpèges atonaux tirés d’Onward to Golgotha, césures apparemment aléatoires et même quelques couplets aux chants criés tirés du punk-rock le plus banal.

L’hybride rock/métal incarné par les tarlouzes d’In Flames, les décérébrés consanguins de Pantera et les titulaires du permis poids-lourd d’Arch Enemy fait une nouvelle victime, et cette fois-ci elle est autrement plus symbolique.

À remplacer par De Mysteriis Dom Sathanas.

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